Choisir un cabinet comptable à Bordeaux quand votre entreprise est installée à Créon, à Sadirac ou sur une propriété viticole de l’Entre-deux-Mers, c’est chercher un interlocuteur qui connaît autant le régime des bénéfices agricoles que celui d’une boulangerie de bourg. Cet article fait le tour de ce qui distingue ce territoire rural de la rive droite urbaine. Vous y trouverez d’abord quelques repères sur le Créonnais et son tissu de TPE. La deuxième partie détaille le cadre fiscal et social des viticulteurs : seuils 2026 du micro-BA et du réel, choix de la structure, cotisations MSA et outils de lissage des aléas. Nous passons ensuite aux obligations propres au vin (douane, DRM, stocks, TVA agricole), puis à la diversification (caveau, gîtes, marchés) et à la règle des recettes accessoires. Une partie est consacrée aux artisans et commerçants des bourgs, une autre aux dispositifs territoriaux, à la transmission et à la facturation électronique. Nous terminons par l’organisation concrète du suivi depuis notre agence de Fargues-Saint-Hilaire, à une dizaine de kilomètres de Créon.

1. Créon et l’Entre-deux-Mers, un bassin économique distinct de la rive droite urbaine

Avant de parler de comptabilité, il faut situer le territoire, car il commande la nature des dossiers.

1.1 Un plateau entre Garonne et Dordogne, organisé autour de ses bourgs

L’Entre-deux-Mers désigne le vaste plateau compris entre la Garonne et la Dordogne, à l’est de l’agglomération bordelaise. Passé Fargues-Saint-Hilaire, Sallebœuf ou Pompignac, le paysage change : l’habitat se desserre, les parcelles de vigne alternent avec les prairies et les bois, et la vie économique s’organise autour de bourgs-centres qui concentrent commerces, services et artisans.

Créon est l’un de ces bourgs-centres. Ancienne bastide, la commune a conservé sa place centrale, son marché hebdomadaire et une fonction de pôle pour les communes voisines. La piste cyclable Roger Lapébie, tracée sur l’ancienne voie ferrée, la traverse et amène une clientèle de loisirs aux cafés, restaurants et hébergements.

1.2 Le Créonnais en quelques repères chiffrés

La commune de Créon compte 4 950 habitants selon la population légale publiée par l’INSEE dans son dossier statistique communal. Elle appartient à la communauté de communes du Créonnais, qui regroupe quinze communes, parmi lesquelles Sadirac (4 769 habitants), La Sauve, Haux, Loupes, Le Pout, Baron, Madirac ou Saint-Genès-de-Lombaud. À l’exception de Créon et de Sadirac, il s’agit de communes de quelques centaines à 1 600 habitants environ.

Ce maillage de petites communes explique la structure des dossiers qu’un cabinet comptable reçoit ici : exploitations viticoles familiales, entreprises du bâtiment de un à dix salariés, commerces alimentaires et professions de santé dans les bourgs, hébergement et restauration, et indépendants travaillant depuis leur domicile pour une clientèle métropolitaine.

1.3 Pourquoi les besoins comptables ne sont pas ceux de Cenon ou de Floirac

Nous avons consacré notre article consacré aux entreprises de Fargues-Saint-Hilaire et de la rive droite aux sociétés de services, aux commerces et aux artisans de la couronne urbaine de l’est bordelais, de Cenon à Artigues-près-Bordeaux. Le présent article prend le relais un peu plus loin, là où la vigne et l’agriculture deviennent structurantes.

Un dossier de viticulteur relève des bénéfices agricoles, de la MSA, d’obligations douanières mensuelles et d’un régime de TVA propre à l’agriculture. Un cabinet comptable à Bordeaux qui suit des entreprises de l’Entre-deux-Mers doit donc maîtriser deux univers : le droit commun des BIC et BNC, et le droit rural. C’est souvent à la frontière entre les deux, quand une exploitation se diversifie ou qu’un artisan reprend des vignes familiales, que les erreurs se produisent.

2. Viticulteurs de l’Entre-deux-Mers : le cadre fiscal et social de l’exploitation

Le vignoble du secteur produit des vins sous les appellations Bordeaux, Bordeaux supérieur ou Entre-deux-Mers, le plus souvent dans des exploitations familiales. Voici les règles qui structurent leur comptabilité.

2.1 Bénéfices agricoles : micro-BA, réel simplifié ou réel normal

Le régime d’imposition d’un exploitant individuel dépend de la moyenne de ses recettes sur les trois années consécutives précédentes. Le barème publié au BOFiP pour les années 2026 à 2028 fixe les seuils suivants :

Ces montants ont été relevés par rapport à 2024 et 2025, où les limites étaient de 120 000 € et 391 000 €. Une option pour le régime supérieur reste toujours possible.

Pour un GAEC, les limites tiennent compte du nombre d’associés : le même barème prévoit par exemple une limite du micro-BA de 258 400 € pour deux associés.

Le micro-BA paraît simple, mais il s’applique mal à beaucoup d’exploitations viticoles : le bénéfice y est forfaitaire, sans tenir compte des investissements lourds (matériel de chai, replantation) ni des variations de stock. Une exploitation qui investit a souvent intérêt à étudier le réel, qui permet de déduire charges et amortissements et d’accéder aux outils de lissage décrits plus bas. C’est un arbitrage à chiffrer sur plusieurs années.

2.2 Exploitation individuelle, EARL, SCEA : choisir la structure

La forme juridique de l’exploitation détermine la manière dont le résultat est imposé, la protection du patrimoine personnel et la facilité de transmission.

Le passage à l’impôt sur les sociétés, possible pour certaines de ces structures, modifie le traitement de la rémunération et l’assiette des cotisations : il se prépare avec un prévisionnel.

2.3 Cotisations MSA : assiette triennale ou assiette annuelle

L’exploitant viticole ne relève pas de l’URSSAF mais de la Mutualité sociale agricole, et la MSA de la Gironde gère son affiliation. Selon les principes de calcul publiés par la MSA, les cotisations des non-salariés agricoles sont calculées :

L’option se demande au plus tard le 30 juin, prend effet pour l’année de la demande et vaut pour cinq ans. Elle est indépendante du régime fiscal, micro-BA ou réel.

Le choix n’est pas neutre dans une activité aussi cyclique que la viticulture. Après une année de gel ou de grêle, l’assiette triennale continue de refléter les bonnes années passées et maintient des cotisations élevées au moment où la trésorerie est la plus tendue. À l’inverse, l’assiette annuelle répercute plus vite les hausses. Nous simulons les deux scénarios sur trois à cinq ans avant de conseiller une option, en tenant compte des millésimes à venir et des ventes prévues.

2.4 Lisser les aléas : moyenne triennale et épargne de précaution

Le droit fiscal agricole propose plusieurs outils pour amortir les variations de revenus d’une année sur l’autre.

La déduction pour épargne de précaution (DEP), prévue par l’article 73 du code général des impôts, permet à un exploitant au réel de déduire une partie de son bénéfice, dans la limite d’un plafond progressif revalorisé chaque année, à condition de constituer une épargne professionnelle correspondante. Les sommes sont ensuite réintégrées lorsqu’elles sont utilisées, typiquement lors d’une mauvaise récolte. Le détail du plafond figure dans la doctrine BOFiP consacrée à la DEP.

L’étalement des revenus exceptionnels et l’option pour la moyenne triennale des revenus agricoles, prévus aux articles 75-0 A et 75-0 B du même code, permettent, sous conditions, de lisser l’imposition à l’impôt sur le revenu. Ces mécanismes ne se cumulent pas tous entre eux, et l’option pour la moyenne triennale a des effets sur plusieurs années : elle se décide avec une projection, pas en fin de déclaration.

3. Douane, stocks et TVA : les obligations propres au vin

Un viticulteur qui vinifie sa récolte est soumis à des obligations qui n’existent dans aucune autre TPE du territoire.

3.1 Entrepositaire agréé, CVI et DRM mensuelle

La fiche de la douane consacrée à la production de vin à partir de la récolte de l’exploitation rappelle que l’exploitant doit disposer d’un numéro d’immatriculation au casier viticole informatisé (CVI) et, lorsqu’il détient des vins en suspension de droits, d’un numéro d’entrepositaire agréé.

L’entrepositaire agréé dépose chaque mois une déclaration récapitulative mensuelle (DRM). D’après la démarche officielle de dépôt de la DRM, elle retrace les entrées et sorties de produits alcooliques et, le cas échéant, les droits d’accises dus. Elle se dépose au plus tard le 10 du mois suivant (reporté au premier jour ouvré si le 10 tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié), via le téléservice CIEL.

Pour le cabinet comptable, la DRM est un document de contrôle précieux : les volumes sortis doivent être cohérents avec les ventes enregistrées en comptabilité et avec la TVA déclarée. Un écart non expliqué entre la DRM et le chiffre d’affaires est l’une des premières choses qu’examine un vérificateur.

3.2 Déclarations de récolte, de stock et inventaire annuel

En plus de la DRM, la douane attend plusieurs déclarations annuelles : la déclaration de récolte et de production, la déclaration de stocks de vins et de moûts, et la déclaration annuelle d’inventaire (DAI). L’exploitant tient aussi les registres viti-vinicoles et déclare l’enrichissement et les autres pratiques œnologiques.

Ces déclarations fournissent des volumes certifiés, millésime par millésime, qui servent de base à l’inventaire de fin d’exercice tenu par le cabinet comptable.

3.3 Valoriser des stocks de vin qui vieillissent sur plusieurs exercices

Le stock est le poste le plus lourd du bilan d’une propriété viticole. Un vin élevé en barrique ou conservé en bouteilles avant commercialisation reste parfois deux ou trois exercices dans les comptes. Sa valeur se détermine au coût de production : coût de la récolte (travaux de la vigne, traitements, main-d’œuvre, amortissement des plantations et du matériel), auquel s’ajoutent les coûts de vinification, d’élevage et de conditionnement.

Trois erreurs reviennent souvent :

Pour les principes généraux, vous pouvez vous reporter à notre article sur les méthodes d’inventaire et de valorisation des stocks. Dans le vin, la difficulté tient à la durée : le coût d’un millésime se construit sur plusieurs exercices et doit être suivi lot par lot.

3.4 TVA agricole : remboursement forfaitaire ou régime simplifié de l’agriculture

La TVA des exploitants agricoles obéit à des règles propres, rappelées sur la page d’impots.gouv.fr consacrée aux régimes d’imposition à la TVA.

Les exploitants qui ne sont pas redevables de la TVA peuvent bénéficier du remboursement forfaitaire agricole, calculé sur certaines ventes, au taux de 5,59 % pour le lait et les animaux de basse-cour et de 4,43 % pour les autres produits. Lorsque la moyenne annuelle des recettes dépasse 46 000 €, l’exploitant est soumis de plein droit au régime simplifié de l’agriculture (RSA) à compter du 1er janvier suivant, avec un système d’acomptes et une déclaration annuelle de régularisation.

Pour une exploitation assujettie, l’enjeu se situe dans la récupération de la TVA sur les investissements de chai et la gestion des crédits de TVA, fréquents l’année d’un gros investissement.

4. Vente directe, caveau et œnotourisme : quand l’exploitation se diversifie

Beaucoup de propriétés du secteur ne vivent plus seulement de la vente en vrac au négoce. Elles vendent au caveau, reçoivent des visiteurs, proposent des chambres ou louent une salle. Cette diversification est bienvenue, mais elle crée des questions de frontière.

4.1 Recettes accessoires : la règle des 50 % et 100 000 €

L’article 75 du code général des impôts permet à un exploitant soumis à un régime réel de rattacher à ses bénéfices agricoles les recettes d’activités commerciales ou non commerciales accessoires. La condition : la moyenne annuelle de ces recettes accessoires, calculée sur les trois années civiles précédant l’ouverture de l’exercice, ne doit excéder ni 50 % de la moyenne des recettes agricoles, ni 100 000 €.

Tant que ces limites sont respectées, une seule comptabilité et une seule déclaration suffisent. Au-delà, les recettes accessoires doivent être déclarées dans la catégorie des BIC ou des BNC, avec un régime fiscal et parfois social distinct. Le rattachement ne vaut pas pour tout : ces recettes ne profitent pas de la déduction pour épargne de précaution et ne peuvent pas créer de déficit imputable sur le revenu global.

Situation type : une propriété vend ses bouteilles au caveau (recettes agricoles) et développe des visites payantes et la location d’une salle de réception (recettes accessoires). Si ce second bloc progresse chaque année, le cabinet comptable suit la moyenne triennale pour anticiper le franchissement du seuil.

4.2 Gîtes, chambres d’hôtes et réception : des règles BIC à part

Les hébergements touristiques créés dans d’anciens bâtiments d’exploitation se multiplient dans l’Entre-deux-Mers, portés notamment par la fréquentation de la piste Roger Lapébie et de l’abbaye de La Sauve-Majeure.

Lorsque ces activités sortent du rattachement à l’agricole, elles relèvent des BIC. Le barème BOFiP 2026 fixe la limite du micro-BIC à 83 600 € pour les meublés de tourisme classés et les chambres d’hôtes, à 15 000 € seulement pour les meublés de tourisme non classés, et à 203 100 € pour les activités de vente et de fourniture de logement de type hôtelier. Le classement d’un gîte change donc fortement le régime applicable.

Elles posent aussi des questions de TVA, de taxe de séjour et de cotisation foncière des entreprises. Les exploitants agricoles sont exonérés de CFE pour leur activité agricole, comme le précise la doctrine BOFiP sur l’exonération de CFE des exploitants agricoles, mais cette exonération ne couvre pas automatiquement l’activité d’hébergement.

4.3 Marchés et salons : encaissements et traçabilité

Le marché de Créon, les marchés de producteurs et les salons des vins impliquent des encaissements de petits montants et des stocks déplacés hors du chai.

Deux points de vigilance : la justification des recettes au comptant, qui suppose un relevé journalier fiable, et la cohérence avec les sorties de stock déclarées en douane. Notre article sur les obligations du commerçant non sédentaire détaille la tenue de ces relevés, qui vaut aussi pour un producteur présent sur les marchés.

5. Artisans et commerçants des bourgs : un tissu de TPE à suivre de près

À côté de la vigne, l’économie du Créonnais repose sur des entreprises de petite taille, souvent dirigées par une seule personne.

5.1 Micro-entreprise ou réel : les seuils applicables en 2026

Les seuils du régime micro ont été réévalués pour la période 2026 à 2028. D’après la fiche officielle sur le régime fiscal de la micro-entreprise, le chiffre d’affaires de l’année précédente (ou de l’avant-dernière) ne doit pas dépasser :

Un artisan du bâtiment de Sadirac ou de Cénac qui facture surtout de la main-d’œuvre relève du seuil des prestations de services. S’il vend aussi des fournitures, la répartition entre les deux natures d’activité doit être suivie, car chaque part a son propre plafond.

Rester au micro n’est pas toujours le bon calcul quand les charges réelles (matériaux, utilitaire, loyer d’atelier) dépassent l’abattement forfaitaire. Un cabinet comptable compare les deux résultats sur vos chiffres effectifs, comme ordre de grandeur à confirmer.

5.2 Franchise en base de TVA : des seuils distincts à surveiller

Le régime micro concerne l’impôt sur le revenu. La TVA obéit à ses propres seuils. Selon impots.gouv.fr, la franchise en base s’applique en 2026 jusqu’à 85 000 € de chiffre d’affaires pour les ventes de marchandises et 37 500 € pour les prestations de services. Elle cesse en cours d’année dès que le chiffre d’affaires dépasse 93 500 € ou 41 250 €.

Le franchissement en cours d’année est fréquent chez l’artisan qui décroche un gros chantier au printemps : la TVA devient exigible dès l’opération qui fait dépasser le seuil. Un suivi mensuel du chiffre d’affaires cumulé évite de le découvrir à la clôture.

5.3 Reprendre un commerce de bourg

Les commerces de Créon, de La Sauve ou de Sadirac changent régulièrement de main, souvent à l’occasion d’un départ à la retraite. Une reprise suppose d’analyser les comptes du cédant, d’évaluer le fonds, de construire un plan de financement et de choisir une structure adaptée au repreneur.

Dans un bourg rural, l’analyse doit tenir compte de facteurs propres : dépendance à une clientèle locale stable, saisonnalité liée au tourisme, concurrence des zones commerciales de la périphérie. Nous avons détaillé la démarche dans notre article sur la reprise d’un fonds de commerce en Gironde.

5.4 Embaucher dans une TPE rurale ou une exploitation viticole

L’embauche est souvent le moment où un dirigeant de TPE ressent le besoin d’un accompagnement social. Côté artisanat et commerce, l’employeur déclare ses salariés à l’URSSAF via la DSN mensuelle et applique la convention collective de sa branche.

Côté vigne, l’employeur relève de la MSA, y compris pour la DSN, et applique la convention collective nationale de la production agricole, complétée par des accords territoriaux. Les besoins de main-d’œuvre sont très saisonniers : taille l’hiver, travaux en vert au printemps, vendanges à l’automne. Les contrats courts se multiplient, avec à chaque fois une déclaration préalable, un bulletin de paie et des règles de durée du travail à respecter. Le volume de ces formalités, concentré sur quelques semaines, justifie souvent de confier la paie à un cabinet.

6. Dispositifs territoriaux, transmission et échéances à anticiper

Trois sujets reviennent régulièrement dans les dossiers de l’Entre-deux-Mers, quelle que soit l’activité.

6.1 Zones France ruralités revitalisation : vérifier le classement de votre commune

Depuis le 1er juillet 2024, le zonage France ruralités revitalisation (ZFRR) a remplacé les anciennes zones de revitalisation rurale. D’après la fiche officielle sur les exonérations en ZFRR, une entreprise créée ou reprise dans une commune classée entre le 1er juillet 2024 et le 31 décembre 2029 peut bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéfices, si elle exerce une activité industrielle, commerciale, artisanale ou libérale, relève d’un régime réel et emploie moins de 11 salariés.

L’exonération est totale pendant cinq ans, puis dégressive sur trois ans. Elle s’inscrit dans le plafond des aides de minimis de 300 000 € sur trois ans glissants. Les activités agricoles en sont exclues : une exploitation viticole n’y a pas accès pour son activité principale, mais une activité de diversification exercée en société commerciale peut être concernée.

Toutes les communes rurales ne sont pas classées, et le classement d’une commune proche de la métropole ne doit jamais être présumé. Le simulateur officiel de zonage ZFRR permet de vérifier la situation de votre commune avant de bâtir un plan de financement sur cette exonération.

6.2 Transmettre une exploitation ou une entreprise familiale

Le vieillissement des chefs d’exploitation pose la question de la transmission dans de nombreuses propriétés. La transmission d’un domaine viticole combine plusieurs sujets : valeur du foncier et des droits de plantation, valorisation des stocks, situation des enfants repreneurs et non repreneurs, structure juridique (GFA et société d’exploitation), fiscalité des donations.

Ces opérations se préparent sur plusieurs années avec le notaire ; le cabinet comptable intervient sur l’évaluation, la structuration et les conséquences fiscales pour le cédant. Nous avons développé ces questions dans notre article sur l’accompagnement des entreprises familiales en Gironde.

6.3 Facturation électronique : un calendrier qui concerne aussi les exploitations

La réforme de la facturation électronique est entrée dans sa phase opérationnelle. Selon la page d’impots.gouv.fr dédiée au passage à la facturation électronique, depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et les ETI doivent aussi les émettre. Les PME et microentreprises devront émettre leurs factures sous forme électronique à compter du 1er septembre 2027.

Une exploitation viticole qui vend au négoce ou à des cavistes est concernée comme n’importe quelle entreprise assujettie. C’est le moment de vérifier que votre logiciel de facturation ou votre plateforme agréée est opérationnel, et que vos factures de vente intègrent les mentions requises.

7. Travailler avec un cabinet comptable à Bordeaux depuis Créon : l’organisation avec l’agence de Fargues-Saint-Hilaire

Les règles qui précèdent montrent qu’un dossier de l’Entre-deux-Mers demande à la fois technicité et présence. Voici comment nous organisons ce suivi.

7.1 Une agence à une dizaine de kilomètres de Créon

Le Cabinet Cantini dispose de deux implantations : son siège à Blanquefort, au nord de la métropole, et une agence à Fargues-Saint-Hilaire, à l’est. Cette seconde implantation se trouve à environ 10 km à vol d’oiseau de Créon, à 6 km de Sadirac, à 5 km de Cénac et de Loupes, et à 4 km de Lignan-de-Bordeaux. Pour un dirigeant installé dans le Créonnais, le rendez-vous en présentiel ne suppose donc pas de traverser l’agglomération.

Cette proximité compte pour le bilan, un arbitrage d’investissement ou l’analyse d’une reprise. Le reste du suivi passe par des outils partagés.

7.2 Un calendrier de travail calé sur le cycle de la vigne

Pendant les vendanges, le chef d’exploitation n’est disponible ni pour un rendez-vous ni pour rassembler des factures. Nous organisons donc le travail autour de ce cycle : collecte des pièces et points de gestion en dehors des vendanges, inventaire préparé à partir des déclarations douanières, choix de la date de clôture en fonction du rythme des ventes.

Pour les artisans et commerçants, le calendrier suit les échéances fiscales (TVA, liasse fiscale, acomptes) et sociales (DSN mensuelle).

7.3 Ce que le cabinet prend en charge concrètement

Pour une entreprise de l’Entre-deux-Mers, notre accompagnement couvre la tenue de comptabilité, l’établissement du bilan et de la liasse fiscale, le conseil fiscal (choix du régime, options agricoles, TVA), la gestion sociale et la paie, l’accompagnement à la création ou à la reprise, et le conseil au dirigeant sur le pilotage de la trésorerie.

Pour situer ce que recouvre chacune de ces missions, vous pouvez consulter notre page sur le rôle de l’expert-comptable, ainsi que la présentation de notre cabinet d’expertise comptable sur Bordeaux Métropole. Si vous comparez plusieurs interlocuteurs, notre article sur les critères pour choisir un cabinet comptable à Bordeaux vous aidera à formuler vos questions. Les honoraires sont fixés dans une lettre de mission, en fonction du volume de pièces, du régime fiscal et des missions retenues : ils se discutent en rendez-vous, sur la base de votre situation réelle.

Questions fréquentes

Un cabinet comptable de la métropole bordelaise peut-il suivre une exploitation viticole ?

Oui, à condition de maîtriser les règles du secteur : bénéfices agricoles, cotisations MSA, douane, TVA agricole et valorisation des stocks de vin. Demandez au cabinet comment il traite la DRM et l’inventaire des millésimes : ses réponses vous diront s’il connaît le métier.

Quel est le seuil du micro-BA en 2026 ?

Pour 2026 à 2028, le micro-BA s’applique si la moyenne des recettes des trois années précédentes ne dépasse pas 129 200 €. Jusqu’à 421 000 €, l’exploitant relève du réel simplifié, au-delà du réel normal. L’option pour le réel reste possible sous ces seuils.

Mes recettes de gîte et de dégustation peuvent-elles rester en bénéfices agricoles ?

Oui si votre exploitation relève d’un régime réel et si la moyenne triennale de ces recettes accessoires ne dépasse ni 50 % de vos recettes agricoles, ni 100 000 €. Au-delà, elles basculent dans la catégorie des BIC ou des BNC.

Faut-il opter pour l’assiette annuelle des cotisations MSA ?

Cela dépend de la trajectoire de vos revenus. L’assiette annuelle soulage la trésorerie après une mauvaise année mais accélère la hausse après une bonne. L’option se demande avant le 30 juin et vaut cinq ans : elle mérite une simulation sur plusieurs exercices.

À quelle date dois-je déposer ma DRM ?

La déclaration récapitulative mensuelle se dépose au plus tard le 10 du mois suivant, via le téléservice CIEL de la douane. Si le 10 tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, l’échéance est reportée au premier jour ouvré suivant.

Mon commerce de bourg peut-il bénéficier de l’exonération ZFRR ?

Seulement si votre commune est classée en zone France ruralités revitalisation, si l’entreprise a été créée ou reprise entre le 1er juillet 2024 et le 31 décembre 2029, si elle relève d’un régime réel et emploie moins de 11 salariés. Le classement se vérifie commune par commune avec le simulateur officiel : ne le présumez pas, même pour une commune rurale.

Dois-je me déplacer à Bordeaux pour mes rendez-vous ?

Non. Le Cabinet Cantini n’est pas installé dans Bordeaux intra-muros : son agence de Fargues-Saint-Hilaire est la plus proche pour les entreprises du Créonnais, à une dizaine de kilomètres de Créon. Les pièces courantes se transmettent en ligne.

Pour conclure

L’Entre-deux-Mers n’est pas un simple prolongement de la rive droite. Autour de Créon, un cabinet comptable doit savoir passer d’un dossier de bénéfices agricoles, avec sa DRM, ses stocks de millésimes et ses cotisations MSA, à celui d’un artisan au micro qui approche des seuils de TVA, ou d’un commerce de bourg en cours de reprise.

Trois points méritent d’être retenus. Les seuils 2026 du micro-BA (129 200 €) et du micro-BIC (203 100 € ou 83 600 €) ont été relevés, ce qui justifie de refaire le point sur votre régime. La diversification d’une exploitation se pilote avec la règle des 50 % et 100 000 € en tête. Et les échéances de la facturation électronique concernent les exploitations comme les autres entreprises.

Vous dirigez une exploitation, un commerce ou une entreprise artisanale à Créon ou dans l’Entre-deux-Mers et vous souhaitez faire le point sur votre régime fiscal ou l’organisation de votre comptabilité ? Contactez-nous dès aujourd’hui : notre fiche Google vous permet aussi de découvrir ce que nos clients pensent du Cabinet Cantini.

Cabinet Cantini
105 bis avenue du 11 Novembre, 33290 Blanquefort
05 56 35 21 00
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