Garder ses allocations chômage chaque mois ou les toucher en capital : c’est la question qu’un expert-comptable entend le plus souvent dans un premier rendez-vous de création, et la réponse a changé deux fois en dix-huit mois. Depuis le 1er avril 2025, le maintien de l’ARE est plafonné à 60 % des droits restants. Depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE, qui conditionne l’accès à l’ARCE, n’est plus automatique et doit être demandée dans les 60 jours. Et pour les ruptures conventionnelles dont le contrat prend fin à partir du 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation a été raccourcie. Cet article reprend ces règles une par une : l’ouverture des droits selon le motif de départ (licenciement, rupture conventionnelle, démission), le fonctionnement du maintien de l’ARE et de l’ARCE, la réforme de l’ACRE, puis un arbre de décision construit sur trois questions : votre besoin de trésorerie au démarrage, votre statut et vos revenus des premiers mois, la date de création. Nous terminons par ce que l’aide devient dans les comptes de l’entreprise et par les erreurs qui coûtent le plus cher.

1. Le point de départ : vos droits au chômage avant de créer

Rien ne se discute tant que l’on ne sait pas si, et quand, des droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) seront ouverts : le motif de fin de contrat décide de presque tout.

1.1 Licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle : l’ouverture des droits

La perte involontaire d’emploi ouvre des droits à l’ARE dès lors que vous justifiez d’une durée d’affiliation suffisante : au moins 6 mois travaillés (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois pour les moins de 53 ans, selon la fiche officielle sur le montant et la durée de l’allocation chômage. La rupture conventionnelle homologuée est assimilée à une perte involontaire d’emploi et ouvre donc les mêmes droits.

Deux chiffres structurent ensuite toute la réflexion : le montant de votre allocation journalière et le nombre de jours d’indemnisation restants au moment de la création. Leur produit forme ce que France Travail appelle le reliquat de droits, ou capital de droits restants. C’est sur lui que se calculent l’ARCE et le plafond du maintien de l’ARE.

1.2 Démission : un chemin unique, à préparer avant de quitter votre poste

Une démission classique n’ouvre pas de droits. Le dispositif de démission pour projet professionnel est la seule voie pour un salarié qui veut quitter son CDI et créer avec le filet de l’assurance chômage. Ses conditions sont cumulatives, selon la fiche démission et allocation chômage de Service-Public :

L’ordre des étapes est impératif. Une démission posée avant la validation du projet ferme définitivement la porte à l’indemnisation. Une fois l’attestation obtenue, vous disposez de 6 mois pour vous inscrire à France Travail et déposer votre demande d’allocation. France Travail contrôle ensuite la mise en œuvre du projet dans les 6 mois suivant l’ouverture des droits : un abandon sans motif légitime entraîne, selon la fiche de l’Unédic sur la démission pour projet professionnel, une radiation de 4 mois et la suppression des allocations.

Le dossier présenté à Transitions Pro Nouvelle-Aquitaine (étude de marché, plan de financement, prévisionnel) pèse lourd : pour un salarié de Mérignac ou d’Eysines qui prépare sa reconversion, c’est le moment de faire relire le prévisionnel par un expert-comptable.

1.3 Rupture conventionnelle signée en 2026 : attention au 1er septembre

Pour les allocataires dont la fin de contrat, fixée par la convention de rupture, intervient à compter du 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation est ramenée à 15 mois avant 55 ans, et à 20,5 mois à partir de 55 ans. La mesure résulte de l’avenant n° 2 à la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, agréé par décret du 19 juin 2026, comme le détaille l’Unédic dans sa présentation des changements du 1er septembre 2026.

La conséquence pour un créateur est mécanique : moins de jours restants, c’est un reliquat plus faible, donc une ARCE plus petite et un plafond de maintien de l’ARE plus bas. Si votre convention n’est pas encore signée, intégrez cette donnée dans votre plan de financement plutôt que de reprendre une simulation trouvée en ligne et calculée sur l’ancienne règle.

1.4 Délai d’attente et différés : quand arrive le premier versement

Entre la fin du contrat et le premier paiement s’intercalent plusieurs décalages :

Ces décalages retardent aussi le premier versement de l’ARCE : une indemnité négociée confortable peut repousser de plusieurs mois l’arrivée du capital prévu pour acheter votre matériel.

2. Maintenir l’ARE pendant le démarrage de l’activité

La première option consiste à rester inscrit à France Travail et à continuer de percevoir une allocation mensuelle, réduite en fonction de ce que l’entreprise vous rapporte.

2.1 La règle de calcul : 70 % des revenus d’activité déduits

Chaque mois, lors de votre actualisation, vous déclarez les revenus tirés de votre activité non salariée. France Travail réduit alors l’ARE normalement due de 70 % de ces revenus, comme l’indique la fiche officielle « Peut-on créer son entreprise et continuer à percevoir l’allocation chômage ? ». Les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils restent dans votre capital et prolongent d’autant la période de versement.

Lorsque vos revenus ne peuvent pas être connus mois par mois, cas fréquent pour un gérant non salarié dont le bénéfice n’est arrêté qu’à la clôture de l’exercice, France Travail procède à un versement provisoire ou à un paiement par avance, puis régularise.

2.2 Le plafond de 60 % des droits restants, en vigueur depuis avril 2025

C’est la règle qui a changé l’équation. Depuis le 1er avril 2025, le cumul de l’ARE et des revenus d’entreprise est possible dans la limite de 60 % des droits à l’ARE restant à la date de création. Une fois ce montant versé, les paiements s’arrêtent, même si vous n’avez encore tiré aucun revenu de l’entreprise.

Une seule exception est prévue. Si vous n’avez perçu aucun revenu de votre activité, dividendes compris, vous pouvez demander à l’instance paritaire régionale (IPR) la poursuite du versement, en justifiant que l’activité continue. La demande doit être faite dans les 6 mois qui suivent l’atteinte du plafond.

Ce plafond rapproche les deux options : le maintien de l’ARE et l’ARCE portent désormais l’un comme l’autre sur 60 % du reliquat. La différence ne tient plus au montant maximal, mais au rythme de versement et à l’effet de vos revenus.

2.3 Quels revenus sont retenus selon votre statut

La base sur laquelle s’applique la réduction de 70 % dépend de la forme juridique choisie.

En micro-entreprise, le revenu retenu est le chiffre d’affaires diminué de l’abattement forfaitaire pour frais professionnels : 71 % pour les activités d’achat-revente et de fourniture de logement, 50 % pour les autres prestations relevant des BIC, 34 % pour les activités libérales relevant des BNC.

En entreprise individuelle au réel, en EURL ou en SARL avec un gérant majoritaire, statut de travailleur non salarié (TNS), le revenu retenu est la rémunération du dirigeant ou le bénéfice de l’entreprise individuelle, ce qui implique les versements provisoires et la régularisation évoqués plus haut.

En SAS ou SASU, avec un président assimilé salarié, c’est la rémunération versée qui est prise en compte. Un président qui ne se rémunère pas pendant le démarrage perçoit son ARE à taux plein, jusqu’au plafond de 60 %.

Le choix du statut juridique a donc un effet direct sur le montant mensuel de l’allocation. C’est l’un des sujets que nous traitons dans notre analyse sur le choix du statut juridique pour une activité sur la métropole bordelaise.

2.4 Exemple chiffré : une consultante en micro-entreprise libérale

Prenons une situation type, présentée comme telle. Une ancienne salariée dispose d’une allocation journalière d’environ 40 €, soit à peu près 1 200 € par mois, et de 300 jours restants. Son reliquat atteint donc 12 000 €, et le plafond du maintien de l’ARE 7 200 €.

Dans le second cas, ses revenus cumulés avoisinent 2 000 € par mois pendant plus d’un an. Ces montants sont des ordres de grandeur : le calcul exact dépend de vos droits, de vos cotisations et de votre calendrier de déclaration.

3. L’ARCE : vos droits versés en capital

La seconde option transforme une partie de vos droits en un capital versé en deux fois. Elle répond à un besoin différent : financer le démarrage plutôt que votre revenu personnel.

3.1 Montant : 60 % du reliquat, moins une retenue retraite

L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) est égale à 60 % du reliquat de droits à la date de création, pour les droits ouverts à la suite d’une fin de contrat intervenue depuis le 1er juillet 2023, selon la fiche thématique de l’Unédic consacrée à l’ARCE. Une retenue de 3 % au titre du financement des retraites complémentaires est déduite.

Reprise avec l’exemple précédent : 60 % de 12 000 €, soit 7 200 €, réduits par la retenue, laissent environ 7 000 € versés. La fiche France Travail précise par ailleurs que l’ARCE supporte la CSG et la CRDS : raisonnez donc en montant net au moment d’intégrer l’aide dans votre plan de financement.

3.2 Deux versements et la condition des six mois

Le premier versement, égal à la moitié de l’aide, intervient à la date de création, ou plus tard si toutes les conditions ne sont réunies qu’ensuite (fin des différés et du délai d’attente, obtention de l’ACRE). Le second suit six mois après le premier, à deux conditions : vous exercez toujours l’activité pour laquelle l’aide a été accordée, et vous n’occupez pas un emploi en CDI à temps plein.

Ce second versement n’est pas acquis : un créateur qui reprend un CDI à temps plein au cinquième mois le perd.

3.3 Un choix définitif, sans cumul possible

L’ARCE et le maintien de l’ARE ne se combinent pas. Une fois l’ARCE demandée et accordée, vous ne pouvez plus revenir au cumul mensuel avec vos revenus d’activité. L’arbitrage se fait une fois, en connaissance de cause, et c’est ce qui justifie de chiffrer les deux options avant de déposer la demande.

3.4 Si l’activité s’arrête : le sort du reliquat

L’échec n’efface pas tout. En cas de cessation d’activité, vous pouvez vous réinscrire et retrouver la part de droits non consommée, soit le reliquat initial diminué du montant d’ARCE perçu. La réinscription doit intervenir dans un délai de trois ans augmenté de la durée des droits, à compter de la date d’admission initiale.

Dans l’exemple, environ 4 800 € de droits resteraient mobilisables.

4. L’ACRE en 2026 : ce qui a changé pour les créateurs

L’ACRE n’est pas une aide au revenu : c’est une exonération partielle de cotisations sociales en début d’activité. Elle intéresse tous les demandeurs d’emploi qui créent, et elle conditionne l’ARCE. Sa réforme mérite donc une section à part.

4.1 Une demande obligatoire dans les 60 jours

Jusqu’au 31 décembre 2025, aucune formalité n’était nécessaire. Depuis le 1er janvier 2026, il faut déposer une demande d’exonération auprès de l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent la date d’ouverture de l’activité, avec le justificatif de création téléchargeable sur le guichet unique de l’INPI. L’URSSAF statue dans un délai de 30 jours ; son silence vaut accord. Ces règles sont détaillées dans la fiche officielle « Aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise (Acre) », vérifiée le 1er juillet 2026.

Le lien avec l’ARCE est direct : pas d’ACRE, pas d’ARCE. Laisser passer le délai de 60 jours ne coûte donc pas seulement une exonération de cotisations, cela peut fermer l’accès au capital. Pour un créateur dont l’entreprise est immatriculée à Bruges ou au Bouscat un 15 mars, la demande doit être partie à la mi-mai.

4.2 Qui peut en bénéficier

La liste des bénéficiaires est fermée. Elle comprend, entre autres : les demandeurs d’emploi indemnisés, les demandeurs d’emploi non indemnisés inscrits à France Travail 6 mois au cours des 18 derniers mois, les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS, les jeunes de 18 à 25 ans (29 ans en situation de handicap), les créateurs implantés dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. Une condition s’ajoute : ne pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes.

4.3 Le niveau d’exonération selon le régime

Pour un micro-entrepreneur, l’ACRE prend la forme d’un taux minoré de cotisations égal à 75 % du taux normal, applicable jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d’activité déclaré.

Pour les autres créateurs, l’exonération partielle des cotisations personnelles dure 12 mois. Selon la fiche officielle, elle est de 25 % lorsque le revenu professionnel ne dépasse pas 36 045 €, dégressive entre 36 045 € et 48 060 €, et nulle au-delà.

Les simulations antérieures à 2026, qui retenaient une exonération plus large, surestiment donc l’économie.

5. L’arbre de décision : trois questions, dans cet ordre

La décision se construit en trois questions, dans cet ordre : la première élimine souvent l’une des deux options.

5.1 Question 1 : de combien de trésorerie l’entreprise a-t-elle besoin au jour 1 ?

Listez ce qui doit être payé avant la première facture encaissée : matériel, véhicule, stock initial, dépôt de garantie du local, frais d’immatriculation, site internet, premières dépenses de communication. Ajoutez le besoin en fonds de roulement (BFR) si vos clients paient à 30 ou 60 jours.

Un commerce qui ouvre à Saint-Médard-en-Jalles avec un stock à constituer n’a pas le besoin d’une graphiste qui travaille depuis chez elle.

5.2 Question 2 : quel statut, et quels revenus les premiers mois ?

Estimez honnêtement votre chiffre d’affaires mensuel des six à douze premiers mois, puis rapprochez-le de votre statut.

5.3 Question 3 : à quelle date créer ?

La date de création conditionne trois paramètres : le reliquat qui sert de base au calcul, la date du premier versement d’ARCE (jamais avant la fin des différés), et le point de départ du délai de 60 jours de l’ACRE.

Plus vous créez tard après l’ouverture des droits, plus le reliquat a fondu. À l’inverse, une immatriculation précipitée, pendant le préavis ou avant l’inscription à France Travail, peut compliquer l’ouverture des droits : faites valider le calendrier par votre conseiller avant d’immatriculer.

Pour une rupture conventionnelle en cours de négociation, la date de fin de contrat fixée dans la convention devient elle-même une variable de décision, à regarder au regard du seuil du 1er septembre 2026.

5.4 Quatre profils types

Situation type Besoin de départ Statut envisagé Option généralement privilégiée
Ancien salarié qui ouvre un commerce avec stock Élevé SARL ou SAS ARCE, en apport pour le prêt
Consultant indépendant, activité intellectuelle Faible Micro-entreprise BNC Maintien de l’ARE si montée en charge progressive
Créateur qui ne se rémunère pas la première année Moyen SASU Maintien de l’ARE à taux plein
Artisan qui achète un véhicule et de l’outillage Élevé EURL ou EI ARCE, éventuellement complétée par un prêt d’honneur

Ce tableau donne une orientation : l’épargne disponible, les revenus du conjoint ou la tolérance au risque peuvent faire basculer l’arbitrage.

6. Ce que l’ARCE devient dans les comptes de l’entreprise

L’aide vous est versée personnellement, et non à la société, ce qui a des conséquences comptables rarement évoquées.

6.1 Une aide personnelle, à transférer dans l’entreprise

L’ARCE arrive sur votre compte personnel. En entreprise individuelle ou en micro-entreprise, vous l’affectez à l’activité comme apport personnel. En société, il faut choisir, avant l’immatriculation, la voie juridique par laquelle cet argent entre dans l’entreprise.

6.2 Apport en capital ou compte courant d’associé

Deux voies principales s’offrent à vous.

L’apport au capital social renforce les capitaux propres et rassure le banquier. En contrepartie, l’argent est immobilisé : vous ne pouvez pas le reprendre librement, sauf réduction de capital.

L’avance en compte courant d’associé reste une dette de la société envers vous. Elle peut vous être remboursée quand la trésorerie le permet, et éventuellement rémunérée dans les limites fiscales. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article pour utiliser le compte courant d’associé pour financer votre société.

Une combinaison est fréquente : un capital modeste et le reste de l’ARCE en compte courant, avec une convention écrite qui fixe les conditions de remboursement. Le second versement, perçu au sixième mois, peut suivre la même voie.

6.3 L’effet de levier sur le prêt bancaire et le prêt d’honneur

Les banques demandent en général un apport personnel avant de financer une création. L’ARCE remplit ce rôle. Un prêt d’honneur, prêt personnel à taux zéro accordé par des réseaux d’accompagnement, s’ajoute fréquemment à l’apport et facilite à son tour l’obtention du crédit bancaire. Les dispositifs mobilisables en Gironde sont recensés dans notre article sur les aides et subventions locales pour les créateurs en Gironde.

Faire apparaître le second versement de l’ARCE au sixième mois, et non au démarrage, rend le plan de financement crédible.

6.4 Le prévisionnel : intégrer l’aide sans s’aveugler

Dans le prévisionnel, l’ARCE apparaît comme une ressource de financement, pas comme du chiffre d’affaires. Le maintien de l’ARE, lui, n’apparaît pas du tout dans les comptes de la société : c’est un revenu personnel, qui permet de calibrer la rémunération du dirigeant à un niveau plus bas pendant la montée en charge.

Un prévisionnel solide sépare donc trois blocs : l’exploitation, le plan de financement et le budget personnel du dirigeant.

7. Erreurs fréquentes et calendrier pratique

Chez les créateurs du Haillan ou de Mérignac, les erreurs tiennent moins à la complexité des règles qu’à un mauvais ordre de démarches.

7.1 Démissionner avant la validation du projet

C’est l’erreur irréversible. Sans CEP sollicité avant la démission et sans attestation de Transitions Pro, aucune allocation, donc ni maintien de l’ARE, ni ARCE. Si vous envisagez de créer en quittant un CDI, la première démarche n’est pas la lettre de démission : c’est la demande de conseil en évolution professionnelle. Le parcours est décrit pas à pas sur le site officiel demission-reconversion.gouv.fr.

7.2 Laisser passer le délai de demande d’ACRE

Depuis janvier 2026, l’oubli coûte double : l’exonération de cotisations et l’accès à l’ARCE.

7.3 Se rémunérer sans mesurer l’effet sur l’allocation

Un président de SASU qui décide de se verser 1 500 € par mois dès le deuxième mois voit son ARE réduite de 70 % de cette somme. Le calendrier de rémunération du dirigeant se pilote avec le niveau d’allocation en tête, et avec une vision claire de vos charges sociales de dirigeant selon le statut TNS ou assimilé salarié.

7.4 Calendrier type en six étapes

  1. Avant la rupture du contrat : vérifier ses droits, simuler le reliquat, et, en cas de démission, lancer le CEP puis le dossier Transitions Pro.
  2. Pendant la négociation d’une rupture conventionnelle : arbitrer la date de fin de contrat au regard du 1er septembre 2026 et des différés liés à l’indemnité.
  3. Après la fin du contrat : s’inscrire à France Travail et déclarer le projet de création à son conseiller.
  4. Avant l’immatriculation : chiffrer les deux options, choisir le statut, préparer le prévisionnel et le plan de financement.
  5. À l’immatriculation : déposer le dossier sur le guichet unique, puis la demande d’ACRE dans les 60 jours.
  6. Après la création : demander l’ARCE ou poursuivre l’actualisation mensuelle, en déclarant chaque mois les revenus d’activité.

Le déroulé des semaines suivantes, sur le plan comptable, fiscal et social, est détaillé dans notre article sur les étapes clés des 100 premiers jours après la création.

8. Comment le Cabinet Cantini accompagne les créateurs sur ce choix

Le rôle d’un expert-comptable ne se limite pas à tenir les comptes une fois l’entreprise lancée. Sur ce sujet, notre intervention se situe en amont, au moment où les décisions sont encore réversibles, et elle reste circonscrite à notre champ de compétence : nous ne nous substituons ni à France Travail, ni à Transitions Pro, qui restent seuls décisionnaires sur vos droits.

Concrètement, nous chiffrons les deux scénarios à partir de votre notification de droits : montant net de l’ARCE, durée et niveau du maintien de l’ARE selon vos revenus prévisionnels et votre statut. Nous construisons le prévisionnel et le plan de financement qui serviront au banquier, au réseau de prêt d’honneur ou à la commission Transitions Pro. Nous préparons le choix entre apport en capital et compte courant d’associé, et nous vérifions le calendrier : date de création, demande d’ACRE, second versement de l’ARCE.

Les créateurs que nous recevons à Blanquefort, venus d’Eysines ou de Parempuyre, arrivent souvent avec une simulation fondée sur des règles antérieures à 2025. Pour mieux comprendre le rôle de l’expert-comptable au-delà de la tenue des comptes, et les raisons de faire appel à un expert-comptable dès la création, deux articles de notre site complètent celui-ci. Si vous démarrez en micro-entreprise, lisez aussi notre analyse sur l’intérêt d’un expert-comptable pour un auto-entrepreneur.

Questions fréquentes sur l’ARE, l’ARCE et la création d’entreprise

Peut-on cumuler l’ARE et l’ARCE ?

Non. Les deux options s’excluent. Le maintien de l’ARE vous verse une allocation mensuelle réduite de 70 % de vos revenus d’activité, dans la limite de 60 % de vos droits restants à la date de création. L’ARCE vous verse 60 % de ces mêmes droits en capital, en deux fois. Une fois l’ARCE accordée, le retour au cumul mensuel n’est plus possible.

L’ARCE est-elle plus avantageuse que le maintien de l’ARE depuis 2025 ?

Pas systématiquement. Depuis le plafonnement du maintien de l’ARE à 60 % des droits restants, les deux options portent sur un montant maximal comparable. L’ARCE donne de la trésorerie immédiate, utile pour investir. Le maintien de l’ARE sécurise un revenu personnel pendant la montée en charge, surtout si vous ne vous rémunérez pas. Le choix dépend de votre besoin de départ et de vos revenus prévisionnels.

Faut-il obligatoirement l’ACRE pour obtenir l’ARCE ?

Oui. L’ACRE est une condition d’accès à l’ARCE. Depuis le 1er janvier 2026, elle n’est plus attribuée automatiquement : la demande doit être déposée auprès de l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent la date d’ouverture de l’activité. L’URSSAF répond dans les 30 jours et son silence vaut accord. Un dépôt tardif peut vous priver à la fois de l’exonération et du capital.

Puis-je démissionner pour créer mon entreprise et toucher le chômage ?

Oui, dans le cadre de la démission pour projet professionnel. Il faut être en CDI, justifier de 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, solliciter un conseil en évolution professionnelle avant de démissionner et obtenir de Transitions Pro l’attestation du caractère réel et sérieux du projet. Démissionner avant cette validation fait perdre tout droit à l’allocation.

Que se passe-t-il si je ne gagne rien pendant plusieurs mois ?

En maintien de l’ARE, vous percevez l’allocation à taux plein jusqu’à épuisement du plafond de 60 % des droits restants. Si, une fois ce plafond atteint, vous n’avez tiré aucun revenu de l’activité, dividendes compris, vous pouvez demander à l’instance paritaire régionale la poursuite du versement, dans un délai de 6 mois. Cette poursuite reste une exception, examinée au cas par cas.

Comment sont pris en compte les revenus d’un micro-entrepreneur ?

France Travail retient le chiffre d’affaires diminué de l’abattement forfaitaire pour frais : 71 % pour l’achat-revente, 50 % pour les autres prestations commerciales ou artisanales, 34 % pour les activités libérales. L’allocation est ensuite réduite de 70 % de ce revenu. Un chiffre d’affaires de 2 000 € en activité libérale, par exemple, conduit à retenir 1 320 € et à réduire l’ARE de 924 €.

Que devient l’ARCE si je cesse mon activité ?

Si vous arrêtez avant le second versement, celui-ci n’est pas versé. Après une cessation, vous pouvez vous réinscrire et récupérer vos droits non consommés, c’est-à-dire le reliquat initial diminué de l’ARCE perçue. La réinscription doit intervenir dans un délai de trois ans augmenté de la durée de vos droits, à compter de la date d’admission initiale.

La réforme de la rupture conventionnelle change-t-elle le montant de l’ARCE ?

Indirectement, oui. Pour une fin de contrat intervenant à compter du 1er septembre 2026 dans le cadre d’une rupture conventionnelle, la durée maximale d’indemnisation passe à 15 mois avant 55 ans. Le reliquat de droits étant plus faible, l’ARCE, qui en représente 60 %, diminue d’autant, tout comme le plafond du maintien de l’ARE.

Pour conclure

Retenez trois choses. Depuis avril 2025, le maintien de l’ARE et l’ARCE portent chacun sur 60 % de vos droits restants : la question n’est plus « laquelle rapporte le plus », mais « quand ai-je besoin de cet argent, et sous quelle forme ». Depuis janvier 2026, l’ACRE se demande dans les 60 jours, et cet oubli peut coûter l’ARCE elle-même. Enfin, le motif et la date de fin de contrat fixent le reliquat sur lequel tout se calcule : démission sans projet validé, rupture conventionnelle signée après le 1er septembre 2026 ou différés liés à une indemnité négociée modifient votre plan de financement avant même que l’entreprise existe.

Les simulations présentées ici sont des ordres de grandeur, à confirmer à partir de votre notification de droits.

Vous préparez une création et hésitez entre ARE et ARCE ? Contactez-nous dès aujourd’hui : notre fiche Google vous permet aussi de consulter les avis des dirigeants que le Cabinet Cantini accompagne en Gironde.

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