Quand la trésorerie se tend, votre expert-comptable à Bordeaux est souvent le premier à voir les chiffres décrocher, parfois avant vous. Cet article a un objectif simple : vous aider à reconnaître le moment où il faut agir et à choisir le bon outil. Il commence par les signaux d’alerte, ceux de la trésorerie, ceux du bilan et ceux que le tribunal, l’URSSAF ou la banque repèrent de leur côté. Il explique ensuite la frontière décisive de la cessation des paiements et le délai de 45 jours qui s’y attache. Viennent ensuite les trois procédures à connaître avant d’en arriver là : le mandat ad hoc, confidentiel et souple ; la conciliation, limitée à cinq mois, qui peut déboucher sur un accord homologué ; la sauvegarde, qui gèle les dettes sous la protection du tribunal. La sixième partie recense les interlocuteurs de la Gironde : tribunal de commerce ou tribunal judiciaire de Bordeaux, CIP, CCSF, URSSAF. La dernière décrit concrètement ce que fait un expert-comptable pour que vous ne restiez pas seul face à la situation.

1. Les signaux d’alerte qui doivent vous faire réagir

Une entreprise ne bascule presque jamais en difficulté du jour au lendemain. Les signaux sont là plusieurs mois avant, dispersés entre le relevé bancaire, la balance comptable et le courrier.

1.1 Les signaux de trésorerie

Ce sont les plus visibles, et ceux que les dirigeants rationalisent le plus volontiers. Méfiez-vous en particulier de ces situations :

Pris isolément, aucun de ces signaux n’est alarmant. C’est leur cumul et leur durée qui doivent vous alerter. Un découvert qui se creuse mois après mois à activité stable traduit un problème de rentabilité ou de structure financière.

1.2 Les signaux comptables et bilanciels

Le bilan et le compte de résultat donnent une lecture plus froide, avec un décalage dans le temps. Les indicateurs à suivre : une marge brute qui s’érode d’un exercice à l’autre, un excédent brut d’exploitation qui devient négatif, des capitaux propres qui fondent sous l’effet des pertes accumulées, un endettement à court terme qui finance des investissements de long terme.

Un seuil juridique mérite une attention particulière : la perte de la moitié du capital social. Lorsque les comptes approuvés font apparaître des capitaux propres inférieurs à la moitié du capital, les associés doivent se prononcer dans les 4 mois sur une éventuelle dissolution anticipée. S’ils poursuivent l’activité, la société dispose de 2 ans pour régulariser, avec une publicité obligatoire dans un support d’annonces légales dans le mois qui suit la décision. La règle concerne notamment les SARL, EURL, SAS, SASU et SA, comme le détaille la fiche officielle sur la perte de la moitié des capitaux propres. Ignorer ce formalisme expose à une demande de dissolution judiciaire et engage la responsabilité du dirigeant.

C’est souvent lors du bilan que ces signaux apparaissent noir sur blanc. Un rendez-vous de bilan bien préparé sert précisément à cela : prendre le temps de lire les chiffres, pas seulement de signer la liasse fiscale. Nous détaillons cette préparation dans notre article sur la manière de préparer le rendez-vous de votre bilan annuel.

1.3 Les signaux que l’extérieur repère avant vous

Le président du tribunal dispose de son propre système de détection. Selon la fiche officielle sur le rendez-vous de prévention avec le président du tribunal, les éléments qui peuvent conduire à une convocation sont notamment : des fonds propres négatifs, des inscriptions de privilèges de l’URSSAF et du Trésor public, le défaut de dépôt des comptes annuels, la perte de la moitié du capital non régularisée, des injonctions de payer à répétition et un nombre important de sûretés mobilières.

Autrement dit, ne pas déposer ses comptes au greffe pour « ne pas montrer » une mauvaise année produit l’effet inverse : c’est un signal d’alerte en soi. Les mêmes informations circulent côté banque (incidents de paiement, cotation) et côté fournisseurs, dont les assureurs-crédit réduisent les encours dès que la situation se dégrade.

1.4 Un tableau de bord minimal pour garder la main

Un dirigeant de TPE n’a pas besoin d’un contrôle de gestion complet. Quatre chiffres suivis chaque mois suffisent à voir venir la plupart des tensions : le solde de trésorerie réel en fin de mois, le chiffre d’affaires facturé comparé au mois correspondant de l’année précédente, le montant des créances clients échues et le montant des dettes fiscales et sociales en retard. Si l’une de ces lignes se dégrade trois mois de suite, il est temps d’en parler.

Pour une première lecture, l’Ordre des experts-comptables Nouvelle-Aquitaine met en avant un outil d’autodiagnostic gratuit et confidentiel, « Comment va ma boîte ? », qui permet de situer la santé de l’entreprise sans communiquer de données chiffrées.

2. La cessation des paiements : la frontière qui change tout

Toutes les procédures présentées dans la suite s’organisent autour d’une notion : la cessation des paiements. Savoir de quel côté de cette ligne vous vous trouvez détermine les outils encore disponibles.

2.1 Ce que recouvre la notion

La cessation des paiements correspond à la situation où l’entreprise ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible. La fiche officielle sur le redressement judiciaire la résume ainsi : la trésorerie dont l’entreprise dispose n’est plus suffisante pour régler ses dettes.

Deux précisions comptent en pratique. L’actif disponible s’entend de ce qui est mobilisable immédiatement (trésorerie, réserves de crédit dont l’entreprise peut réellement disposer), et non d’un stock ou d’un bien immobilier qu’il faudrait vendre. Le passif exigible désigne les dettes échues dont le paiement est réclamé, ce qui exclut une dette pour laquelle un créancier a accordé un délai. D’où l’intérêt d’obtenir des échéanciers formalisés : ils modifient juridiquement la photographie.

2.2 Le délai de 45 jours et les risques pour le dirigeant

Une fois en cessation des paiements, le dirigeant doit demander l’ouverture d’une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire) dans les 45 jours. Ce délai n’est pas une formalité : la fiche officielle sur le redressement judiciaire d’une entreprise rappelle que le dirigeant qui le dépasse s’expose à une interdiction de gérer, diriger ou administrer une entreprise commerciale ou artisanale.

La date de cessation des paiements est fixée par le tribunal, et il peut la faire remonter dans le temps. Un dirigeant qui a continué d’exploiter en cumulant les dettes pendant des mois peut donc découvrir après coup qu’il était hors délai depuis longtemps. Dans le pire des cas, si la liquidation révèle une insuffisance d’actif et que des fautes de gestion sont caractérisées, sa responsabilité personnelle peut être recherchée.

2.3 Pourquoi tout se joue avant cette date

Le mandat ad hoc et la sauvegarde sont réservés aux entreprises qui ne sont pas en cessation des paiements. La conciliation reste ouverte jusqu’à 45 jours après celle-ci. Au-delà, il ne reste que le redressement judiciaire ou la liquidation, des procédures publiques, plus lourdes, où le dirigeant perd une partie de la maîtrise.

Le message est donc simple : plus vous agissez tôt, plus vous avez le choix. La procédure de traitement de sortie de crise, qui offrait une voie accélérée aux petites entreprises en cessation des paiements, n’est plus accessible : selon le service public, il n’est plus possible d’en demander l’ouverture depuis le 22 novembre 2025.

3. Le mandat ad hoc : négocier discrètement, avec un tiers

Le mandat ad hoc est la procédure la plus souple et la plus discrète du droit des entreprises en difficulté. Elle est sous-utilisée par les TPE, qui la croient réservée aux grands groupes.

3.1 Conditions et saisine

Selon la fiche officielle sur le mandat ad hoc, toutes les entreprises peuvent y recourir, y compris les micro-entrepreneurs, quelle que soit leur taille, à une condition : ne pas être en cessation des paiements. Les difficultés peuvent être économiques (perte d’un marché important), financières (retards de cotisations ou d’impôts, difficulté à rembourser un crédit) ou sociales (conflit entre associés).

Seul le dirigeant peut en faire la demande. La requête est adressée en deux exemplaires au président du tribunal compétent, accompagnée notamment de l’extrait Kbis ou du numéro SIREN, d’un état des dettes et des créances avec leur échéancier, des documents financiers des trois derniers exercices et d’une attestation sur l’honneur certifiant l’absence de cessation des paiements.

3.2 Déroulement, durée et coût

Le président désigne un mandataire ad hoc, le plus souvent un administrateur judiciaire, dont la mission est fixée par l’ordonnance : renégocier une dette bancaire, obtenir un étalement auprès d’un fournisseur stratégique, débloquer un conflit entre associés. Le texte ne prévoit pas de durée maximale ; en pratique, la mission dure environ trois mois et peut être renouvelée.

Le dirigeant reste aux commandes de l’entreprise. Point à bien comprendre : le mandat ad hoc ne suspend pas les poursuites des créanciers. Son efficacité repose sur la négociation, et sur le poids d’un tiers désigné par le tribunal autour de la table.

La rémunération du mandataire est librement fixée entre les parties, sous le contrôle du président du tribunal. Elle varie selon l’ampleur de la mission et doit être anticipée dans le plan de trésorerie : c’est un ordre de grandeur à évaluer au cas par cas.

3.3 La confidentialité, principal atout

La désignation n’est pas publiée. Les salariés et le comité social et économique n’en sont pas informés. Pour une entreprise dont la réputation conditionne le carnet de commandes, cette discrétion est décisive.

Exemple type : une entreprise de second œuvre installée à Mérignac perd son principal donneur d’ordre et ne peut plus honorer les échéances de deux prêts d’équipement. Elle n’est pas en cessation des paiements, mais le sera dans quatre mois au rythme actuel. Un mandat ad hoc permet de renégocier les échéances avec les deux banques le temps de reconstituer un portefeuille clients, sans que personne sur les chantiers ne l’apprenne.

4. La conciliation : un accord encadré avec vos créanciers

La conciliation reprend la logique du mandat ad hoc, mais dans un cadre plus structuré, avec une durée limitée et des effets juridiques plus forts.

4.1 Conditions d’ouverture

D’après la fiche officielle sur la procédure de conciliation, elle s’adresse à l’entreprise qui rencontre une difficulté juridique, économique ou financière, avérée ou prévisible, et qui n’est pas en cessation des paiements depuis plus de 45 jours. C’est la seule procédure amiable encore accessible à une entreprise qui vient de basculer en cessation des paiements, à condition de réagir vite.

Là encore, seul le dirigeant peut demander l’ouverture, par une requête écrite au président du tribunal déposée en deux exemplaires, qui expose la situation économique, sociale et financière, les besoins de financement et les moyens d’y faire face.

4.2 Une durée encadrée : quatre mois, plus un

Le conciliateur est désigné pour une durée de 4 mois maximum, prolongeable d’un mois, soit cinq mois au total.

Pendant la négociation, si un créancier engage des poursuites, le juge peut accorder à l’entreprise des délais de grâce, dans la limite de deux ans. Cette faculté protège la négociation contre un créancier isolé qui voudrait passer en force.

4.3 Constatation ou homologation de l’accord

L’accord trouvé peut prendre deux formes :

L’homologation ouvre notamment le privilège dit de « new money » : les créanciers qui apportent de nouveaux fonds ou de nouveaux biens pour assurer la poursuite de l’activité seront payés en priorité si une procédure collective est ouverte plus tard. C’est souvent l’argument qui convainc une banque de remettre de la trésorerie.

Comme pour le mandat ad hoc, la rémunération du conciliateur est librement déterminée avec l’entreprise, sous le contrôle du président du tribunal.

4.4 Mandat ad hoc ou conciliation : comment choisir

Le mandat ad hoc convient lorsque la difficulté est circonscrite, que les créanciers concernés sont peu nombreux et que le temps n’est pas compté. La conciliation s’impose lorsque l’enjeu est plus large, que le calendrier presse, qu’il faut un accord opposable ou qu’un financement nouveau doit être sécurisé. Il est fréquent de commencer par un mandat ad hoc puis de basculer vers une conciliation si la négociation l’exige.

5. La procédure de sauvegarde : mettre l’entreprise à l’abri

Quand la négociation amiable ne suffit pas, ou que la pression des créanciers devient trop forte, la sauvegarde permet de placer l’entreprise sous la protection du tribunal avant la cessation des paiements.

5.1 Les conditions

La sauvegarde est ouverte à l’entreprise qui justifie de difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter, sans être en cessation des paiements. La demande appartient exclusivement au représentant légal : gérant de SARL, président de SAS, entrepreneur individuel. Aucun créancier ne peut l’imposer.

C’est une procédure collective, donc publique : le jugement d’ouverture est publié au BODACC et dans un support d’annonces légales. Ce coût de réputation doit être mis en balance avec la protection obtenue.

5.2 Les effets du jugement d’ouverture

La fiche officielle sur la procédure de sauvegarde d’une société détaille les effets du jugement :

Ce dernier point est souvent déterminant pour le dirigeant de TPE, qui s’est généralement porté caution personnelle des emprunts de sa société.

5.3 La période d’observation et le plan

La sauvegarde commence par une période d’observation de 6 mois, renouvelable une fois, soit 12 mois au maximum. Elle sert à établir un bilan économique et social et à construire un plan. Le dirigeant reste en place et continue la gestion courante, avec la surveillance ou l’assistance d’un administrateur judiciaire lorsque le tribunal en désigne un.

Si l’entreprise a des chances sérieuses d’être sauvée, le tribunal arrête un plan de sauvegarde d’une durée maximale de 10 ans, qui organise le règlement des dettes et peut prévoir l’arrêt, l’ajout ou la cession de certaines activités. Les honoraires de l’administrateur et du mandataire judiciaires, ainsi que les frais de greffe, sont à la charge de l’entreprise.

5.4 Ce qui se passe si l’on attend trop

Lorsque l’entreprise est en cessation des paiements, la sauvegarde n’est plus possible. Le redressement judiciaire prend le relais, avec une période d’observation de 6 mois renouvelable, qui peut atteindre 18 mois au total sur demande du ministère public, et un plan limité à 10 ans. Les salaires impayés y sont pris en charge par l’AGS, l’assurance de garantie des salaires. Lorsque le redressement est manifestement impossible, c’est la liquidation judiciaire.

Pour une vue d’ensemble de ce qui se passe en fin de vie d’une société, qu’elle soit amiable ou judiciaire, nous avons consacré un article aux étapes d’une dissolution et d’une liquidation.

6. Ne pas rester seul : les interlocuteurs en Gironde

L’isolement est le premier facteur aggravant. Beaucoup de dirigeants attendent d’avoir « une solution » avant de parler, alors que la solution naît justement de l’échange. En Gironde, plusieurs portes sont ouvertes, et la plupart sont gratuites.

6.1 Tribunal de commerce ou tribunal judiciaire de Bordeaux

Le tribunal compétent dépend de votre activité. Les commerçants, les artisans et les sociétés commerciales relèvent du tribunal de commerce de Bordeaux. Les entreprises sans activité commerciale ou artisanale (professions libérales, agriculteurs, associations, sociétés civiles) relèvent du tribunal judiciaire de Bordeaux, comme le précise la page de la cour d’appel consacrée à l’aide aux entrepreneurs en difficulté.

Vous croiserez parfois l’expression « tribunal des activités économiques ». Il s’agit d’une expérimentation menée du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2028 dans douze juridictions, qui réunit toutes les procédures amiables et collectives dans un seul tribunal. Bordeaux ne figure pas dans la liste des tribunaux concernés : en Gironde, la répartition entre tribunal de commerce et tribunal judiciaire s’applique toujours.

La même page de la cour d’appel indique que dans 80 % des cas, la mesure de prévention permet à l’entreprise de sortir de ses difficultés. Ce chiffre plaide pour une démarche précoce.

6.2 Demander soi-même un entretien de prévention

Le dirigeant n’a pas à attendre une convocation. Il peut solliciter de lui-même un rendez-vous avec le président du tribunal, de manière gratuite et confidentielle, en écrivant à l’adresse indiquée sur la fiche officielle ou via le tribunal digital. L’entretien permet d’exposer la situation à un juge expérimenté, d’obtenir une orientation et, le cas échéant, d’envisager un mandat ad hoc ou une conciliation.

Si la convocation vient du tribunal, elle est envoyée au moins un mois à l’avance, par lettre recommandée et lettre simple. Le dirigeant doit s’y présenter en personne, mais peut se faire assister de son avocat ou de son expert-comptable. Ne pas s’y rendre est une erreur : le président peut alors se renseigner auprès du commissaire aux comptes, des représentants du personnel, des administrations et des organismes sociaux.

6.3 Le CIP de Gironde, une écoute gratuite et anonyme

Le Centre d’information sur la prévention des difficultés des entreprises (CIP) de Gironde, adossé à la CCI Bordeaux Gironde, organise les « Entretiens du jeudi ». Le principe, décrit par l’Ordre des experts-comptables Nouvelle-Aquitaine : un entretien individuel, gratuit et confidentiel, avec un trio composé d’un expert-comptable ou commissaire aux comptes, d’un avocat et d’un ancien juge du tribunal de commerce. Comptez trente minutes à une heure.

L’intérêt est d’obtenir, sans engagement, un regard croisé sur la situation et une orientation vers le bon dispositif. Les modalités pratiques (lieux, jours, prise de rendez-vous) sont à confirmer directement auprès de la CCI Bordeaux Gironde. L’Ordre régional mentionne aussi l’APESA, réseau de soutien psychologique des chefs d’entreprise en souffrance : la difficulté économique a un coût humain qu’il serait dangereux d’ignorer.

6.4 Dettes fiscales et sociales : URSSAF, CCSF, CODEFI

Lorsque la tension porte sur les impôts et les cotisations, plusieurs solutions existent avant toute procédure judiciaire :

Le point commun de ces dispositifs : ils exigent que les déclarations soient déposées à temps. Une TVA déclarée et non payée se négocie ; une TVA non déclarée déclenche une taxation d’office et des pénalités qui ferment la porte à la négociation.

7. Le rôle de votre expert-comptable à Bordeaux face aux difficultés

L’expert-comptable n’est ni juge, ni avocat, ni mandataire. Mais il est souvent le seul professionnel qui connaît à la fois les chiffres de l’entreprise, son historique et son dirigeant. Comprendre le rôle de l’expert-comptable au-delà de la tenue des comptes aide à le solliciter au bon moment.

7.1 Poser un diagnostic chiffré

La première étape consiste à transformer une inquiétude en chiffres. Concrètement : une situation comptable intermédiaire à date, un état précis des dettes par créancier et par échéance, et un prévisionnel de trésorerie à court terme, souvent construit semaine par semaine sur trois mois. Ce prévisionnel répond à la seule question qui compte au départ : à quelle date la trésorerie devient-elle insuffisante, et de combien ?

Ce diagnostic permet aussi de distinguer une crise de trésorerie (l’entreprise est rentable mais manque de liquidités, par exemple après un gros chantier non encore payé) d’une crise de rentabilité (l’activité perd de l’argent). Les remèdes ne sont pas les mêmes, et confondre les deux conduit à négocier des délais qui ne font que repousser l’échéance.

Il faut le préciser : la procédure d’alerte légale, qui oblige à interpeller les dirigeants en cas de faits de nature à compromettre la continuité de l’exploitation, relève du commissaire aux comptes et non de l’expert-comptable. Si votre société en a un, il peut déclencher cette procédure ; pour savoir si vous êtes concerné, consultez notre article sur les seuils de nomination d’un commissaire aux comptes.

7.2 Préparer les pièces des procédures

Toutes les requêtes présentées plus haut reposent sur des documents comptables : état des créances et des dettes, comptes des trois derniers exercices, situation de trésorerie, prévisionnel, attestation de non-cessation des paiements. Un dossier incomplet retarde la désignation du mandataire ou du conciliateur, et le temps est précisément ce qui manque.

L’expert-comptable prépare ces pièces, vérifie leur cohérence et aide le dirigeant à se positionner honnêtement par rapport à la cessation des paiements. C’est un point délicat : une attestation inexacte fragiliserait toute la procédure.

7.3 Accompagner la négociation et la suite

Pendant un mandat ad hoc ou une conciliation, les créanciers demandent des chiffres crédibles : plan de trésorerie révisé, budget de l’année suivante, mesures de redressement chiffrées (réduction de charges, cession d’un actif non stratégique, révision des prix). L’expert-comptable produit ces éléments et les met à jour au fil de la négociation, en lien avec l’avocat et le mandataire.

Après l’accord, le suivi est tout aussi important. Un plan d’apurement ou un accord de conciliation se respecte échéance par échéance, et un tableau de bord mensuel permet de vérifier que les mesures produisent leurs effets. Un échéancier non tenu rend la négociation suivante beaucoup plus difficile.

7.4 L’approche du Cabinet Cantini sur la métropole

Pour les entreprises du nord-ouest de la métropole, à Eysines, au Bouscat ou à Mérignac, le Cabinet Cantini reçoit ses clients à Blanquefort ; celles de la rive droite, à Cenon, Floirac ou Artigues-près-Bordeaux, peuvent être reçues à Fargues-Saint-Hilaire. Dans les deux cas, la démarche est la même : un premier échange pour mesurer l’urgence, puis un diagnostic chiffré, et une orientation vers la procédure ou l’interlocuteur adapté, en coordination avec les autres professionnels concernés.

Cette proximité permet d’agir vite et de connaître les interlocuteurs du ressort de Bordeaux. Nous présentons plus largement les spécificités d’un expert-comptable à Bordeaux et ce que nous entendons par un accompagnement comptable adapté aux TPE et PME de la métropole. Les solutions dépendent toujours de la situation de chaque entreprise : aucune issue ne peut être garantie à l’avance, mais un diagnostic réalisé tôt élargit presque toujours le champ des possibles.

Questions fréquentes sur l’entreprise en difficulté

À quel moment faut-il consulter son expert-comptable ?

Dès que la trésorerie ne permet plus de payer toutes les échéances du mois sans arbitrer entre les créanciers, ou dès que des dettes fiscales et sociales commencent à s’accumuler. À ce stade, toutes les procédures amiables sont encore ouvertes. Attendre que la banque dénonce le découvert ou qu’un fournisseur assigne réduit fortement les options.

Le mandat ad hoc est-il connu de mes salariés et de mes clients ?

Non. La désignation du mandataire ad hoc n’est pas publiée, et ni les salariés ni le comité social et économique n’en sont informés. Seuls les créanciers associés à la négociation sont au courant, et ils sont tenus à la confidentialité. C’est la procédure la plus discrète du dispositif.

Peut-on demander une conciliation si l’on est déjà en cessation des paiements ?

Oui, à condition que la cessation des paiements remonte à moins de 45 jours. Au-delà, la conciliation n’est plus possible et le dirigeant doit demander l’ouverture d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire. D’où l’intérêt de dater précisément le moment où la trésorerie ne couvre plus les dettes exigibles.

Combien coûte une procédure amiable ?

La rémunération du mandataire ad hoc ou du conciliateur est librement fixée avec l’entreprise, sous le contrôle du président du tribunal. Le montant dépend de la complexité du dossier et du nombre de créanciers. En sauvegarde, s’y ajoutent les honoraires des administrateur et mandataire judiciaires et les frais de greffe. Ces coûts sont à évaluer au cas par cas et à intégrer dans le prévisionnel.

Que risque le dirigeant qui ne déclare pas la cessation des paiements ?

Au-delà de 45 jours, il s’expose à une interdiction de gérer une entreprise commerciale ou artisanale. Si une liquidation révèle ensuite une insuffisance d’actif et des fautes de gestion, sa responsabilité financière personnelle peut être recherchée. Déclarer dans les délais protège donc aussi le dirigeant.

Mes cautions personnelles sont-elles protégées pendant une sauvegarde ?

Partiellement. Pendant la période d’observation, les cautions personnes physiques ne peuvent pas être poursuivies et bénéficient de l’arrêt du cours des intérêts. La protection ne fait pas disparaître l’engagement de caution : elle laisse le temps de construire un plan de sauvegarde qui, s’il est respecté, évite que la banque ne se retourne vers le dirigeant.

Comment obtenir des délais pour des dettes URSSAF et fiscales ?

Pour les cotisations, la demande se fait auprès de l’URSSAF, en priorité depuis l’espace en ligne, après avoir déposé la DSN et payé la part salariale. Lorsque plusieurs dettes publiques s’accumulent, la CCSF peut examiner un plan d’apurement global des dettes fiscales et sociales. Dans tous les cas, les déclarations doivent être déposées à temps.

Faut-il un avocat en plus de l’expert-comptable ?

Pour une procédure judiciaire, c’est fortement conseillé. L’avocat porte la stratégie juridique et représente l’entreprise ; l’expert-comptable fournit les chiffres, le prévisionnel et le suivi. Les deux interviennent de façon complémentaire, ce que reflète d’ailleurs la composition des entretiens du CIP de Gironde.

Le tribunal peut-il me convoquer sans que je l’aie demandé ?

Oui. Le président du tribunal peut convoquer un dirigeant lorsqu’il détecte des signaux comme des fonds propres négatifs, des comptes non déposés ou des inscriptions de privilèges de l’URSSAF ou du Trésor. L’entretien est confidentiel et vise à orienter, pas à sanctionner. Vous pouvez vous y faire assister par votre expert-comptable.

Pour conclure

Une entreprise en difficulté a d’autant plus de solutions qu’elle réagit tôt. Les signaux sont presque toujours visibles plusieurs mois à l’avance : découvert permanent, dettes fiscales et sociales qui s’accumulent, capitaux propres en recul, comptes non déposés. Tant que l’entreprise n’est pas en cessation des paiements, le mandat ad hoc permet de négocier en toute discrétion et la sauvegarde de geler les dettes sous la protection du tribunal ; la conciliation reste ouverte jusqu’à 45 jours après la cessation des paiements. Passé ce cap, il ne reste que le redressement ou la liquidation judiciaire.

En Gironde, vous n’êtes pas seul : tribunal de commerce ou tribunal judiciaire de Bordeaux, CIP de Gironde, URSSAF, CCSF. Votre expert-comptable fait le lien entre ces interlocuteurs et les chiffres de votre entreprise, pour que chaque décision repose sur un diagnostic solide.

Votre trésorerie se tend et vous voulez faire le point en toute confidentialité ? Contactez-nous dès aujourd’hui : notre fiche Google vous permet aussi de consulter les avis des dirigeants que le Cabinet Cantini accompagne dans la métropole bordelaise.

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