Une information fausse circule encore largement, y compris sur des sites spécialisés, et un expert-comptable à Bordeaux la corrige plusieurs fois par mois : le crédit d’impôt pour dépenses de formation des dirigeants n’existe plus. Il a cessé de s’appliquer aux heures de formation suivies après le 31 décembre 2024, et la loi de finances pour 2026 en a prononcé l’abrogation formelle. Cet article part de ce point, explique ce qui a disparu exactement et pourquoi tant de contenus périmés subsistent. Il détaille ensuite ce qui reste réellement mobilisable en 2026 : la contribution à la formation professionnelle que vous payez déjà chaque année sans toujours le savoir, les fonds d’assurance formation compétents selon votre statut, le compte personnel de formation et les dispositifs régionaux en Nouvelle-Aquitaine. La dernière partie traite le volet que l’on oublie systématiquement, le traitement comptable et fiscal de la dépense, avec la question de la déductibilité et celle de la TVA.
1. L’idée fausse à corriger d’emblée
Commençons par le point qui fausse la plupart des budgets de formation que l’on nous présente.
1.1 Ce qu’était le crédit d’impôt formation du dirigeant
Le dispositif a existé pendant des années et il était simple. Le dirigeant qui suivait une formation bénéficiait d’un crédit d’impôt calculé en multipliant le nombre d’heures de formation, plafonné à 40 heures par an, par le taux horaire du SMIC en vigueur au 31 décembre de l’année.
Pour 2024, dernière année d’application, cela représentait un crédit maximal de l’ordre de 475 € pour 40 heures, montant doublé pour les micro-entreprises au sens communautaire. Une somme modeste, mais qui venait en déduction directe de l’impôt et non du résultat, ce qui la rendait attractive pour les petites structures.
1.2 Ce qui a changé, et depuis quand
Le crédit d’impôt ne s’applique plus aux heures de formation effectuées à compter du 1er janvier 2025. Aucune disposition de la loi de finances pour 2025 n’a prorogé le dispositif, qui s’est donc éteint de lui-même au 31 décembre 2024. La loi de finances pour 2026 a ensuite procédé à son abrogation formelle.
La doctrine administrative correspondante reste consultable au BOFiP, sur le crédit d’impôt pour dépenses de formation des dirigeants, qui n’a plus qu’une portée historique pour les exercices non prescrits.
Conséquence pratique : si vous avez suivi une formation en 2025 ou en 2026 et que vous comptiez sur ce crédit d’impôt, il ne viendra pas. Et si votre déclaration de résultat 2024 comportait des heures effectuées avant le 31 décembre 2024, ces heures-là ouvraient encore droit au dispositif.
1.3 Pourquoi cette information circule toujours
Le crédit d’impôt a été reconduit d’année en année pendant longtemps, et son extinction s’est faite par simple non-prorogation, sans article spécifique de suppression dans la loi de finances pour 2025. Aucune annonce ne l’a accompagnée. Les contenus en ligne, les modèles de plaquettes commerciales et certains argumentaires d’organismes de formation n’ont pas été mis à jour.
C’est une bonne illustration d’un réflexe que nous recommandons à tous les dirigeants : ne jamais budgéter un avantage fiscal sur la foi d’un contenu non daté. La matière fiscale change chaque année, et un article vieux de trois ans peut décrire un dispositif qui n’existe plus.
2. La contribution que vous payez déjà
Voici la bonne nouvelle, et la ressource la plus sous-utilisée par les dirigeants de TPE.
2.1 La contribution à la formation professionnelle
Si vous êtes entrepreneur individuel, micro-entrepreneur ou travailleur indépendant, vous versez chaque année une contribution à la formation professionnelle. Elle est prélevée par l’URSSAF, en un versement annuel au mois de novembre, visible depuis votre compte en ligne.
Son montant, tel que le récapitule la fiche officielle sur la formation professionnelle du chef d’entreprise, dépend de la nature de votre activité :
| Statut | Montant de la CFP |
|---|---|
| Entrepreneur individuel, activité commerciale | 120 € par an |
| Entrepreneur individuel, activité artisanale | 139 € par an |
| Entrepreneur individuel, profession libérale | 120 € par an |
| Micro-entrepreneur, activité commerciale | 0,1 % du chiffre d’affaires |
| Micro-entrepreneur, activité artisanale | 0,3 % du chiffre d’affaires |
| Micro-entrepreneur, profession libérale | 0,2 % du chiffre d’affaires |
Des montants majorés s’appliquent lorsqu’un conjoint collaborateur est déclaré.
Le point à retenir : cette somme n’est pas un impôt perdu. Elle finance un droit à formation que vous pouvez mobiliser, et que la majorité des dirigeants n’utilise jamais.
2.2 Être à jour, la condition d’accès
Une condition simple mais bloquante : vous devez être à jour du paiement de votre contribution pour demander une prise en charge. Un impayé, même ancien et même modeste, suffit à faire rejeter un dossier.
Vérifiez ce point avant d’engager une démarche, en particulier si vous avez connu une période de difficulté de trésorerie ou si vous avez mis en place un échéancier avec l’URSSAF. L’attestation de versement de la contribution se récupère depuis votre espace en ligne, et elle fait partie des pièces demandées par le fonds.
2.3 Le conjoint collaborateur
Lorsque le conjoint est déclaré collaborateur, la contribution majorée qui est versée finance également sa formation professionnelle. C’est un droit ouvert, distinct de celui du chef d’entreprise, et presque jamais utilisé.
Dans les entreprises familiales de la métropole, commerces, artisanat, restauration, où le conjoint tient souvent la partie administrative et commerciale, ce droit permet de financer une formation en gestion, en paie ou en outils numériques sans budget supplémentaire.
3. Votre fonds d’assurance formation selon votre statut
C’est l’organisme qui instruit votre demande et verse la prise en charge. Le bon interlocuteur dépend de votre activité, et se tromper de guichet fait perdre plusieurs semaines.
3.1 Commerçants et dirigeants non salariés du commerce et des services
Les chefs d’entreprise relevant du secteur du commerce, de l’industrie et des services, ainsi que leurs conjoints collaborateurs, relèvent de l’AGEFICE.
Le fonctionnement repose généralement sur une enveloppe annuelle plafonnée par bénéficiaire, avec des thématiques prioritaires définies chaque année : gestion, comptabilité, numérique, marketing, ressources humaines, développement commercial. Les modalités et les plafonds évoluent d’un exercice à l’autre, ce qui rend nécessaire une vérification au moment de la demande plutôt que sur la base d’une information de l’année précédente.
3.2 Artisans
Les chefs d’entreprise artisanale relèvent du FAFCEA pour les formations techniques liées à leur métier, une partie du financement pouvant relever des conseils de la formation régionaux pour les formations transversales de gestion.
Cette répartition entre technique et transversal est source de confusion. La règle de départ : une formation qui porte sur le geste métier relève d’un circuit, une formation de gestion ou de développement d’entreprise relève souvent d’un autre. En cas de doute, la chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Aquitaine oriente utilement.
3.3 Professions libérales
Les professionnels libéraux relèvent du FIF PL, avec des critères de prise en charge définis par profession. Les plafonds annuels et les thématiques éligibles varient sensiblement selon que vous exercez dans la santé, le conseil, le droit ou le domaine technique.
Un point souvent ignoré : la demande doit fréquemment être déposée dans un délai contraint après la fin de la formation, parfois quelques semaines. Un dossier envoyé six mois plus tard est refusé sur ce seul motif, alors que la formation était parfaitement éligible.
3.4 Le cas du dirigeant assimilé salarié
Si vous êtes président de SAS ou de SASU, ou gérant minoritaire de SARL, vous relevez du régime général et non des fonds d’assurance formation des indépendants. Votre entreprise verse des contributions à un opérateur de compétences, et votre formation peut s’inscrire dans le plan de développement des compétences de la société.
La logique est alors différente : ce n’est plus vous en tant qu’indépendant qui demandez une prise en charge, c’est l’entreprise qui finance la formation de son dirigeant salarié, avec un possible concours de son opérateur de compétences selon sa taille et ses accords de branche. Nous détaillons ce circuit, et les contributions qui l’alimentent, dans notre article sur la taxe d’apprentissage et les contributions formation. Cette distinction entre régimes, qui emporte des conséquences bien au-delà de la formation, est développée dans notre article sur comprendre et optimiser vos charges sociales de dirigeant.
4. Le CPF et les autres leviers
Trois ressources complémentaires méritent d’être examinées avant de renoncer à un projet de formation.
4.1 Le compte personnel de formation
Le compte personnel de formation est alimenté pour les travailleurs indépendants comme pour les salariés, l’alimentation étant liée à l’activité déclarée. Beaucoup de dirigeants disposent aussi de droits acquis pendant une période salariée antérieure, souvent oubliés.
Consultez votre solde sur le service public dédié, moncompteformation.gouv.fr. La démarche prend quelques minutes et réserve régulièrement de bonnes surprises à ceux qui ont eu une carrière salariée avant de créer leur entreprise.
Une participation forfaitaire du titulaire reste due lors de la mobilisation du compte, sauf cas d’exonération. Le CPF se combine par ailleurs avec un abondement de votre fonds d’assurance formation lorsque le coût dépasse vos droits disponibles.
4.2 Les dispositifs en Nouvelle-Aquitaine
La région intervient sur la formation des dirigeants et des créateurs, avec des programmes qui évoluent régulièrement. Les chambres consulaires girondines, CCI Bordeaux Gironde et Chambre de métiers et de l’artisanat Nouvelle-Aquitaine, proposent des parcours souvent partiellement financés, et jouent un rôle d’orientation vers les dispositifs en vigueur.
Pour les créateurs et repreneurs, les aides mobilisables sont recensées sur le portail de BPI France Création, qui centralise également les dispositifs régionaux.
4.3 Les financements liés à un projet
Certaines formations peuvent être financées dans le cadre d’un projet plus large : reprise d’entreprise, développement à l’export, transition numérique, transition écologique. Le financement passe alors par le dispositif d’accompagnement du projet et non par le circuit formation classique.
C’est une piste à explorer systématiquement quand la formation envisagée s’inscrit dans un changement d’échelle de l’entreprise, car les enveloppes y sont généralement plus confortables.
5. Le traitement comptable et fiscal de la dépense
Volet régulièrement négligé, alors qu’il conditionne le coût réel de la formation pour l’entreprise.
5.1 Une charge déductible, sous conditions
Les frais de formation du dirigeant constituent une charge déductible du résultat de l’entreprise dès lors que la formation présente un lien direct avec l’activité exercée et l’intérêt de l’entreprise.
Ce lien est la condition à surveiller. Une formation en gestion, en comptabilité, en management, en outils numériques ou en technique métier ne pose aucune difficulté. Une formation sans rapport avec l’activité, ou correspondant à une reconversion personnelle, sera regardée comme une dépense personnelle et réintégrée au résultat, avec les conséquences qui s’y attachent pour le dirigeant.
Sont déductibles au même titre les frais accessoires directement liés : déplacement, hébergement et restauration engagés pour suivre la formation, sous réserve d’être justifiés et raisonnables.
Point de calendrier : la charge se rattache à l’exercice au cours duquel la prestation est réalisée. Une formation payée en décembre mais dispensée en février relève pour l’essentiel de l’exercice suivant, ce qui appelle une charge constatée d’avance.
5.2 La TVA sur les frais de formation
Les organismes de formation professionnelle continue titulaires d’une attestation délivrée par l’administration compétente sont exonérés de TVA. Leurs factures ne comportent donc pas de taxe, et il n’y a rien à récupérer.
D’autres prestataires, notamment des consultants ou des coachs non déclarés comme organismes de formation, facturent avec TVA. Celle-ci est alors déductible dans les conditions de droit commun, si la dépense est engagée pour les besoins de l’activité.
La conséquence est plus importante qu’il n’y paraît quand vous comparez deux devis. Un devis à 2 000 € exonéré de TVA et un devis à 2 000 € HT ne représentent pas le même coût réel pour une entreprise assujettie : le second revient à 2 000 € après récupération, le premier à 2 000 € également, mais si l’entreprise n’est pas assujettie ou ne récupère pas, l’écart se creuse. Comparez toujours des montants réellement décaissés et non récupérables.
5.3 L’articulation avec la prise en charge
Lorsqu’un fonds d’assurance formation prend en charge tout ou partie du coût, deux schémas coexistent.
Dans la subrogation de paiement, le fonds règle directement l’organisme, et l’entreprise ne comptabilise que le reste à charge.
Dans le remboursement, l’entreprise avance l’intégralité, comptabilise la charge, puis enregistre la somme remboursée en produit lorsqu’elle est perçue ou acquise. Si le remboursement intervient sur l’exercice suivant alors que la formation a eu lieu avant la clôture, un produit à recevoir doit être constaté dès lors que la prise en charge est acquise dans son principe et son montant.
Ce décalage est fréquent pour les formations suivies en fin d’année, et il modifie sensiblement le résultat présenté si personne ne le retraite.
6. Choisir une formation réellement finançable
Quelques vérifications avant de signer, qui évitent les refus de prise en charge.
6.1 Les quatre contrôles à faire avant de signer
Le prestataire est-il certifié ? Le financement public ou mutualisé suppose que l’organisme dispose de la certification qualité exigée pour les actions de formation. Un formateur excellent mais non certifié ne pourra pas être financé par ces circuits, ce qui ne l’empêche pas d’être déductible en charge.
Le programme correspond-il aux priorités du fonds ? Chaque fonds définit des thématiques et des plafonds annuels. Une formation hors priorités peut être refusée ou financée à un niveau très inférieur.
La demande est-elle déposée dans les délais ? C’est la cause de refus la plus fréquente. Selon les fonds, la demande doit être déposée avant le début de la formation ou dans un délai court après sa fin. Vérifiez ce point dès le premier contact, avant même de retenir les dates.
Le devis mentionne-t-il les éléments attendus ? Intitulé précis, objectifs, nombre d’heures, dates, modalités, coût détaillé. Un devis imprécis bloque l’instruction du dossier.
6.2 Présentiel, distanciel et formats courts
Le format influe sur le financement. Les formations à distance sont prises en charge par la plupart des fonds, à condition que le suivi de l’assiduité soit organisé et traçable : connexions horodatées, évaluations, attestation de réalisation. Une simple mise à disposition de vidéos, sans suivi, n’est généralement pas éligible.
Les formats courts, d’une journée ou deux, se financent bien et conviennent à un dirigeant qui ne peut pas s’absenter longtemps. Ils supposent en revanche d’être ciblés sur un sujet précis : une journée sur la lecture du bilan produit un effet réel, une journée de « management général » beaucoup moins.
Pour les parcours longs, vérifiez la possibilité d’un financement pluriannuel ou d’un découpage en modules relevant chacun d’une enveloppe annuelle distincte.
6.3 Ce qui n’est pas une action de formation
Certaines prestations très utiles ne relèvent pas juridiquement de la formation professionnelle et ne peuvent donc pas être financées par ces circuits : le conseil, l’accompagnement individuel non structuré comme une action de formation, le coaching, les prestations d’audit ou de mise en œuvre.
La distinction ne préjuge pas de leur intérêt, et elles restent le plus souvent déductibles en charge. Elle détermine simplement le circuit de financement mobilisable. Une même intervention peut d’ailleurs être structurée en action de formation, avec programme, objectifs pédagogiques et évaluation, ou en mission de conseil : le choix a des conséquences financières, et il se discute en amont avec le prestataire.
6.4 Le reste à charge réel
Un calcul simple, rarement fait, permet de comparer objectivement deux projets. Prenez le coût facturé, retranchez la prise en charge attendue du fonds, retranchez l’économie d’impôt résultant de la déductibilité de la charge selon votre taux d’imposition, et ajoutez le coût de votre temps d’absence.
Ce dernier poste est souvent le plus lourd pour un dirigeant de TPE, et il n’apparaît sur aucun devis. Deux jours d’absence dans une entreprise de trois personnes ne se remplacent pas : c’est un coût réel, à comparer au gain attendu.
7. Construire un plan de formation qui serve l’entreprise
Au-delà du financement, la question de fond reste celle de l’utilité.
Les besoins que nous voyons revenir chez les dirigeants de TPE que nous accompagnons sont assez constants. La lecture des états financiers, en premier lieu : savoir interpréter son propre bilan et son compte de résultat change la qualité des décisions bien plus que n’importe quel outil. Le pilotage de la trésorerie, ensuite, avec la construction d’un prévisionnel simple. La gestion sociale pour ceux qui viennent d’embaucher, où l’erreur coûte cher. Les outils numériques, enfin, dont la maîtrise dégage un temps considérable.
Une règle de bon sens : une formation utile est une formation dont vous pouvez décrire à l’avance ce qu’elle changera dans votre semaine de travail. Si la réponse ne vient pas, le sujet n’est probablement pas le bon, quel que soit le niveau de financement disponible.
Un ordre de priorité se dégage souvent naturellement selon l’ancienneté de l’entreprise. Dans les deux premières années, ce sont les fondamentaux qui rendent le plus : lecture des états financiers, obligations déclaratives, gestion de la trésorerie. Entre trois et sept ans, les besoins se déplacent vers la structuration, le recrutement et la gestion sociale, au moment où l’entreprise passe de un à quelques salariés. Au-delà, les sujets deviennent stratégiques : transmission, croissance externe, diversification, arbitrages patrimoniaux du dirigeant.
Se former sur le bon sujet au mauvais moment produit peu d’effet. Un module de stratégie de croissance suivi par un dirigeant qui ne lit pas encore son compte de résultat n’a pas d’ancrage, alors que le même module deux ans plus tard s’appuie sur des chiffres qu’il maîtrise.
Le lien entre montée en compétence du dirigeant et qualité du pilotage est développé dans notre article sur l’expertise comptable comme outil de pilotage pour les dirigeants.
8. Comment le Cabinet Cantini accompagne sur ce sujet
Notre rôle sur ce sujet est double, et volontairement limité à ce qui relève de notre compétence.
Le premier volet est informatif et correctif. Nous signalons les dispositifs éteints, comme le crédit d’impôt formation, avant qu’ils ne soient budgétés à tort, et nous identifions l’organisme compétent selon votre statut, ce qui évite les demandes adressées au mauvais guichet. Nous vérifions aussi, à partir de vos appels de cotisations, que vous êtes à jour de votre contribution à la formation professionnelle, condition d’accès à toute prise en charge.
Le second volet est comptable et fiscal : rattachement de la charge au bon exercice, traitement des charges constatées d’avance pour les formations à cheval, comptabilisation des prises en charge selon qu’elles interviennent par subrogation ou par remboursement, et vérification du lien avec l’activité qui conditionne la déductibilité.
Les dirigeants que nous suivons à Blanquefort, à Bruges, au Bouscat, à Eysines ou dans les zones d’activité de Mérignac partagent une caractéristique : ils paient leur contribution chaque année sans savoir qu’elle ouvre un droit, et découvrent souvent tardivement qu’un budget de formation existait pour eux. Un point de dix minutes lors du rendez-vous de bilan suffit à le vérifier. Notre approche générale est décrite sur le site de notre cabinet d’expertise comptable en Gironde et dans notre article sur ce que fait réellement un expert-comptable aujourd’hui.
Questions fréquentes sur le financement de la formation du dirigeant
Le crédit d’impôt formation du dirigeant existe-t-il encore en 2026 ?
Non. Il ne s’applique plus aux heures de formation effectuées à compter du 1er janvier 2025, faute d’avoir été prorogé par la loi de finances pour 2025, et la loi de finances pour 2026 en a prononcé l’abrogation formelle. Les contenus en ligne qui le mentionnent encore décrivent un dispositif éteint. Si vous avez suivi une formation en 2025 ou 2026, ne comptez pas sur cet avantage dans votre budget.
Je paie une contribution formation, comment l’utiliser ?
Adressez-vous au fonds d’assurance formation correspondant à votre activité : AGEFICE pour le commerce, l’industrie et les services, FAFCEA pour l’artisanat, FIF PL pour les professions libérales. Vérifiez d’abord que vous êtes à jour de vos versements, condition impérative, puis déposez votre demande en respectant le délai prévu par le fonds, avant ou après la formation selon les cas. C’est ce délai qui provoque le plus de refus.
Combien coûte la contribution à la formation professionnelle ?
Pour un entrepreneur individuel, 120 € par an en activité commerciale ou libérale et 139 € en activité artisanale. Pour un micro-entrepreneur, elle est proportionnelle au chiffre d’affaires : 0,1 % en activité commerciale, 0,3 % en activité artisanale et 0,2 % en profession libérale. Le prélèvement est effectué par l’URSSAF en une fois, au mois de novembre. Des montants majorés s’appliquent si un conjoint collaborateur est déclaré.
Un président de SASU peut-il mobiliser un fonds d’assurance formation ?
Non, pas ceux réservés aux travailleurs indépendants. Le président de SASU relève du régime général en tant qu’assimilé salarié, et ne cotise pas à la contribution à la formation professionnelle des indépendants. Sa formation s’inscrit dans le plan de développement des compétences de la société, avec un éventuel concours de l’opérateur de compétences dont relève l’entreprise. Il peut par ailleurs disposer de droits sur son compte personnel de formation.
Les frais de formation sont-ils déductibles du résultat ?
Oui, dès lors que la formation présente un lien direct avec l’activité exercée et l’intérêt de l’entreprise. Les frais accessoires justifiés, déplacement, hébergement, restauration, suivent le même régime. En revanche, une formation correspondant à une reconversion personnelle ou sans rapport avec l’activité constitue une dépense personnelle, réintégrée au résultat. Le rattachement se fait à l’exercice au cours duquel la formation est réalisée, pas à celui du paiement.
Pourquoi certaines factures de formation ne comportent-elles pas de TVA ?
Parce que les organismes de formation professionnelle continue titulaires de l’attestation délivrée par l’administration compétente sont exonérés de TVA. D’autres prestataires, consultants ou coachs non déclarés comme organismes de formation, facturent avec TVA, déductible dans les conditions habituelles. Cette différence doit être intégrée quand vous comparez deux devis, en raisonnant sur le montant réellement décaissé et non récupérable.
Une formation à distance peut-elle être prise en charge ?
Oui, à condition que le suivi soit organisé et traçable : connexions horodatées, évaluations, attestation de réalisation délivrée par l’organisme. La plupart des fonds financent le distanciel dans les mêmes conditions que le présentiel. En revanche, une simple mise à disposition de contenus vidéo, sans suivi d’assiduité ni évaluation, ne constitue généralement pas une action de formation finançable, même si son contenu est de qualité.
Le coaching ou l’accompagnement individuel sont-ils finançables ?
Rarement par les circuits de la formation professionnelle, car ces prestations ne répondent pas toujours à la définition juridique d’une action de formation. Elles restent le plus souvent déductibles en charge si le lien avec l’activité est établi. Une même intervention peut parfois être structurée en action de formation, avec programme, objectifs pédagogiques et évaluation, ce qui ouvre alors le financement : c’est un point à discuter avec le prestataire avant de contractualiser, pas après.
J’ai été salarié avant de créer mon entreprise, mes droits sont-ils perdus ?
Non. Les droits acquis sur votre compte personnel de formation pendant une période salariée sont conservés et restent mobilisables une fois installé à votre compte. Beaucoup de créateurs l’ignorent et disposent d’un solde non négligeable. La consultation se fait en quelques minutes sur le service public dédié, et ces droits peuvent se combiner avec un abondement de votre fonds d’assurance formation lorsque le coût de la formation dépasse le solde disponible.
Mon conjoint collaborateur a-t-il droit à une formation financée ?
Oui. Lorsqu’un conjoint collaborateur est déclaré, la contribution majorée versée finance également sa propre formation professionnelle, distinctement de celle du chef d’entreprise. Ce droit est très peu utilisé, alors qu’il correspond souvent à un besoin réel dans les entreprises familiales où le conjoint prend en charge l’administratif, la paie ou la relation client.
Pour conclure
Trois messages à retenir. Le premier est correctif : le crédit d’impôt formation du dirigeant appartient au passé depuis le 1er janvier 2025, et tout budget qui l’intègre encore est faux. Le deuxième est positif : vous financez déjà, via votre contribution annuelle prélevée par l’URSSAF, un droit à formation que la plupart des dirigeants n’utilisent jamais, et qui s’ouvre également au conjoint collaborateur lorsqu’il est déclaré. Le troisième est méthodologique : le refus de prise en charge tient presque toujours au délai de dépôt ou au choix du mauvais guichet, jamais à la qualité du projet.
Sur le plan comptable, retenez que la charge se rattache à l’exercice de réalisation de la formation, pas à celui du paiement, et que le mode de prise en charge, subrogation ou remboursement, change le traitement.
Vous envisagez une formation et voulez savoir ce qui est réellement mobilisable dans votre situation ? Contactez-nous dès aujourd’hui : notre fiche Google vous permet également de consulter les retours des dirigeants que nous accompagnons en Gironde.
Cabinet Cantini
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